Spire 1.

 

1.

Chien de matin

 

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    Rai sournois de lumière qui brûle la paupière endormie. Ronflements persistants qui bourdonnent à l’oreille frémissante. L’air impur de la nuit écœure les narines silencieuses. Chien de matin.
    Tout ça n’est qu’une vaste fumisterie ! La chaleur de la couche ne dure qu’un temps. Les membres sont endoloris, et le cœur a perdu la cadence effrénée de la veille.

 

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   Je tente alors un mouvement et fais glisser involontairement le drap sur ma peau. Cette caresse me fait frémir et me rappelle au souvenir d’une étreinte… efficace. L’Autre ne bouge pas. Ses vrombissements déchirent le silence de l’aurore. Je me penche alors pour observer son visage. Sa pâleur lui donne des airs de cadavre. Certes, le moribond ne manque pas de coffre. Je me rapproche encore. Enivrées par le parfum de la peau, mes lèvres s’émeuvent malgré moi. Un cri imperceptible s’échappe même de ma bouche. Une main se met alors en branle, et cherche doucement la mienne. L’impertinente me conduit vers un territoire déjà trop exploré. Je me décide enfin à susurrer quelque mot doux, un get out fera bien l’affaire : il suffit d’y mettre le ton.
   L’Autre pense d’abord avoir mal compris, Il plonge son regard vitreux dans mes yeux fatigués de le voir. Quelle impudence ! Il cherche même à coller sa face livide contre la mienne. Je tressaillis au contact de sa bouche et me décide à employer de moins douces méthodes. J’aperçois au coin du lit ses frusques bigarrées : elles exhalent le parfum nauséabond de la cigarette de la veille. Je ramasse les immondices et les lui jette au visage. GET OUT !
    Cette fois, l’Autre comprend, me chante la fucking melody de l’amant éconduit et prend la tangente.

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