La suite donc...

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   Espérons que la douche me débarrasse de toute cette crasse, physique et mentale. Mais l’eau de Paris semble avoir perdu ses vertus purificatrices : je sors de la baignoire encore souillée de désillusions. La sonnerie du téléphone m’arrache à mon désarroi :
   « Oui ?
   - Salut, c’est moi ! Le rendez-vous est pris pour quatorze heures : tu pourras venir pour m’aider à choisir ?
   - Prends la blanche…
   - Pfff…. parfois, j’ai vraiment l’impression que t’en as rien à foutre ! »

   Cécile tente un peu plus chaque jour de m’impliquer dans son projet. Les purs dans la dentelle et les impurs dans la fosse à purin, il va bien falloir comprendre un jour. J’hésite un instant et réponds à la mariée :
   « Mais non… j’ai juste un entretien dans une demi-heure, c’est tout ! Et puis on se voit à midi, non ?
   - Très bien, je te laisse, à toute ! »
   Je raccroche le téléphone d’un geste las. Grotesque Dora Maar, j’aperçois mon reflet brisé dans le miroir de l’entrée. Après m’être perdue quelques secondes dans la toile glacée, je constate une chose : le cynisme ne me sied pas au teint.

 

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